Strasbourg

A Strasbourg la Synagogue de la Paix, nef symbole du renouveau du judaïsme alsacien.
La Grande Synagogue de la Paix, inaugurée le 23 mars 1958, comporte environ 1 700 places. Le modernisme du bâtiment s’inscrit dans les matériaux et dans le plan de l'édifice. On découvre des symboles traditionnels du judaïsme : la vaste voûte portée par douze colonnes évoquant les douze tribus d'Israël.. La façade principale est composée d'un réseau continu d'étoiles de David, un monumental ouvrage de ferronnerie, à la base duquel s'ouvre le portail métalliques, dont les vantaux sont ornés des emblèmes des douze tribus d’Israël.

Ce vaste bâtiment bordant le beau parc du Contades ne fait pas oublier la grande synagogue de style néo-roman autrefois située le long du quai Kléber, et détruite par les nazis en 1940.
A l'intérieur, l'Arche Sainte, située sur l'estrade ("Al memor") est un sanctuaire rond en fer forgé que surmonte une grande étoile de David posée horizontalement sur cinq minces colonnes. Sur le fronton, une inscription en hébreu : "N'avons-nous pas tous le même Père ?" Le rideau de l'Arche Sainte est une vaste tapisserie d'Aubusson sur un carton de l’artiste tapissier célèbre, Jean Lurçat.
Ce bâtiment, siège du Grand Rabbinat, comporte simultanément plusieurs lieux de culte : l'oratoire des jeunes "Merkaz", et la synagogue Ramban de rite Sefarad, un jardin d'enfants Gan Chalom, une école primaire Yehouda Halevy, des locaux administratifs et sociaux, une importante bibliothèque, ainsi que les locaux du Centre Communautaire et de la radio juive "Radio Judaïca" (102.9 MHz en FM).



Sur la cathédrale de Strasbourg: une prodigieuse statuaire - l’Eglise et de la Synagogue
La façade de la cathédrale, avec sa multitude de personnages, mérite des heures et des heures d’observation ! Sa statuaire particulièrement riche raconte à l’œil attentif d’innombrables histoires. Depuis la place du Château, on s’attardera devant le portail sud sur le couple des sculptures allégoriques de l'Eglise et de la Synagogue, placé de part et d'autre de ces portails. Elles encadraient à l’origine une figure du roi Salomon,œuvre aujourd’hui disparue. Ces deux figures de femmes, allégories des religions chrétienne et judaïque, comptent parmi les plus célèbres chefs-d’œuvre de l'art occidental du Moyen Âge.
Un bain rituel : vestige de la vie juive médiévale de Strasbourg
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La communauté juive médiévale vivait dans un périmètre formé aujourd’hui par la rue des Juifs et la rue des Charpentiers. Ce n’était en rien un ghetto : des bourgeois y habitaient aussi et l’Église y possédait des immeubles.
C’est en 1984, lors de la réhabilitation d’un pâté de maisons au numéro 20 de la rue des Charpentiers, près de la cathédrale, qu’ont été découverts les restes d’un mikvé (bain rituel), probablement bâti entre 1200 et 1260, dernier témoin de l’intense vie du judaïsme dans le Strasbourg médiéval.
De ce bain utilisé pour la purification rituelle des femmes et de certains hommes pieux, il reste une petite cave presque carrée de 9 m² environ, avec au centre un bassin pouvant contenir jusqu’à 500 litres d’eau provenant directement de la nappe phréatique, à laquelle on ajoutait de l’eau chaude. Les murs présentent des niches pouvant accueillir des chandelles, et un petit local attenant servait de vestiaire.

Au musée alsacien : une mémoire du judaïsme en Alsace.
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Une collection unique, témoignage de communautés rurales et anciennes, intégrée dès les tout débuts du musée.
Le Musée Alsacien possède l’une des collections de judaica les plus importantes d’Europe, en particulier grâce au lien particulier établi dès 1907 avec la Société d’histoire des Israélites d’Alsace et de Lorraine (SHIAL). Cette société, créée par le rabbin Moïse Ginsburger en 1905, a pour but initial de collecter et préserver des documents et objets se rapportant à l’histoire des Juifs de la région, pour qu’ils demeurent en Alsace plutôt que d’être envoyés à Berlin, capitale de l’Empire allemand dont l’Alsace fait alors partie.
En 1907, la SHIAL est sollicitée par les fondateurs du Musée Alsacien pour créer une collection de judaïca destinées à intégrer l’établissement nouvellement ouvert au public. La Société collecte et dépose ainsi des objets, représentant aujourd’hui près de 400 items, additionnés à des acquisitions propres du musée. Ce partenariat plus que centenaire atteste que dès l’origine, le projet de rendre compte de l’identité alsacienne intègre pleinement les communautés juives. Cette démarche s’est poursuivie tout au long de l’histoire du Musée Alsacien : acquisitions, publications mais aussi présentations. Ainsi, les judaïca ne sont pas cantonnées à la section "religions et croyances", mais sont intégrées, en regard des autres religions concordataires, à la présentation des différents âges de la vie et aux expositions temporaires.
La donation de la Genizah de Dambach-la-Ville a enrichi numériquement (900 objets) mais aussi scientifiquement le Musée Alsacien, qui possède à présent l’une des collections de mappot les plus importantes au monde, dont plusieurs du 17e siècle.


Dans le faubourg de Koenigshoffen , un cimetière a été créé en 1801,
resté actif jusqu'en 1918.
Son principal intérêt réside dans la présence de nombreuses tombes de grands notables strasbourgeois du monde de l'industrie, de la médecine, de la musique, du monde militaire, ou religieux. Les stèles parcourent toute la typologie en usage au 19e siècle. Il a été agrandi en 1861 et en 1867.
L'inventeur du xylophone
Dans le domaine de la musique, c'est ici que se trouve enterré l'inventeur du xylophone, Sankson Jakubowski, né à Kovno en 1801. Sa tombe, en forme d'obélisque, est surmontée


A Bischheim: un bain rituel remarquable du XVIIIe siècle dans un faubourg de Strasbourg.
La communauté juive de Bischheim a pris son essor au XVe siècle avant d'être illustrée par Cerf Berr à l’époque de la Révolution et par le rabbin David Sintzheim. Elle a été l'une des principales communautés de Basse Alsace, comme en témoigne encore un bain rituel creusé à 7 m de profondeur, dans une ancienne résidence des Boecklin au XVIIIe siècle, aujourd’hui classé aux Monuments historiques, ainsi que de nombreux objets liturgiques.
Classé monument historique en 1977, c’est l’un des plus anciens bains rituels juifs connus en Alsace. Le mikvé fait partie du Parcours du Judaïsme à Bischheim, qui témoigne de l’importance du judaïsme dans le patrimoine historique de la ville. En effet, cité d’accueil des juifs bannis de Strasbourg en 1349, Bischheim était devenue au fil des 18e et 19e siècle le site de la première communauté juive de Basse-Alsace.
